Amado online

Amado Online, l’outil est disponible à cette adresse1,  permet de visualiser des tableaux croisés (tableaux de contingence) selon les principes élaborés par Jacques Bertin dans la Sémiologie Graphique. C’est un puissant outil d’analyse visuelle exploratoire qui permet de mettre en évidence la structure intelligible des phénomènes représentés par les données numériques. Sa documentation est disponible ici.

Le traitement des données commence par leur importation soit par un simple copier/coller, soit par l’ouverture d’un fichier CSV. On importe les données en valeurs absolues, sans les totaux marginaux.

Dès l’importation des données, Amado les affiche sous forme d’histogrammes. L’utilisateur peut alors paramétrer lignes et colonnes pour obtenir le type de représentation qui lui convient le mieux. Pour les lignes, on a le choix entre échelle commune ou échelle propre. La largeur des colonnes peut également être proportionnelle ou pas. On peut choisir de travailler avec des pourcentages ou avec des chiffres absolus. Le graphique met en évidence les cellules du tableau qui portent le plus d’information en mettant en évidence surreprésentations et sous représentations (écarts à la moyenne).

On peut permuter lignes et colonnes en se laissant guider par les proximités visuelles. Dans le cadre de séries historiques (colonnes), la permutation peut avoir une dimension expérimentale mais dans la plupart des cas, on ne l’utilise pas car ce type de traitement ne respecte pas la chronologie.

Arrivé à un résultat qui satisfait l’utilisateur, il est possible d’en renforcer la lisibilité en insérant des séparateurs qui soulignent le passage d’une situation à une autre. Il est ensuite possible d’exporter le graphique en format vectorisé pour l’ouvrir dans un logiciel de dessin où le graphique pourra être enrichi pour la publication.

Dans la courte vidéo qui suit, nous avons pris l’exemple d’un tableau où sont dénombrés les Juifs déportés depuis la France par villes de naissance et par convois qui les ont transportés vers les camps de la mort 2 , dans l’ordre chronologique. La vidéo permet de voir les différentes étapes d’élaboration du graphique. On importe le fichier où les colonnes correspondent aux numéros des convois et les lignes aux villes de naissance emblématiques. Comme les effectifs correspondant à ces villes sont très inégaux (il y a plus de 10000 déportés nés à Paris et 350 nés à Anvers ou Amsterdam) on choisit non pas une échelle commune pour l’ensemble des lignes mais une échelle propre à chacune d’entre elles. Pour chacune des colonnes (chaque convoi) on choisit une valeur constante et non proportionnelle à l’effectif. Pour chaque ligne, les écarts positifs à la moyenne sont teintés (mode 4 dans le menu process). En observant les différents convois, on insère des séparateurs pour souligner le passage d’une configuration à une autre.

 

Les 16 premiers convois – à l’exception du convoi 8 qui n’est pas parti de Drancy – sont caractérisés par la surreprésentation des natifs de Varsovie, emblématique des villes polonaises. Les trois convois suivants où sont surreprésentés les natifs de Berlin, Francfort et Vienne sont des convois partis des camps de la zone non occupée où ont été internés des Juifs que le Reich a expulsés vers Vichy à l’automne 1940. Les six convois suivants correspondent aux convois qui emmènent vers Auschwitz les raflés du Vel d’Hiv où les natifs de Paris, souvent des enfants, sont les plus nombreux…

Dans cet exemple, Amado on Line a permis de caractériser de façon très simple et très lisible la nature des convois successifs et ainsi la politique suivie par l’occupant et le gouvernement de Vichy.

1 Développé par Khang Pham Nguyen

2 Voir Jean-Luc Pinol, Convois, La déportation des Juifs de France, Paris, Editions du Détour, 2019. Le graphique se trouve p. 46.

 

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